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Bricolage & Travaux

Ferme-auberge du Molkenrain à Wattwiller : décès de l'exploitant

Milan Par Milan
· · 4 min de lecture
Ferme-auberge du Molkenrain à Wattwiller : décès de l'exploitant

J'ai appris avec tristesse qu'un drame avait frappé la ferme-auberge du Molkenrain en mai 2024. Denis Pfauwadel, l'exploitant qui dirigeait cet établissement emblématique perché à 1040 mètres d'altitude sur la Route des Crêtes, a perdu la vie dans un accident du travail. Quand vous bricolez régulièrement et observez les contraintes du terrain montagnard, vous réalisez les risques que prennent quotidiennement ces agriculteurs passionnés. Denis gérait l'exploitation avec son épouse Annick, perpétuant une tradition familiale ancrée dans plusieurs générations d'éleveurs. Cette disparition tragique bouleverse l'avenir d'une ferme authentique alsacienne qui incarnait depuis des décennies un savoir-faire respectueux et une gastronomie régionale remarquable.

L'histoire d'un exploitant passionné et de son domaine

Denis Pfauwadel représentait l'incarnation même de ces éleveurs alsaciens dévoués qui maintiennent vivantes les traditions agricoles du massif vosgien. Avec Annick, il exploitait cette propriété communale de Wattwiller, louée selon un système de marcaires remontant à 1824. Leur domaine s'organisait autour de 32 hectares de pâturage entourant l'auberge en altitude et d'installations principales situées dans le village.

Le cheptel comptait 70 vaches allaitantes de race Salers, autant de veaux et un taureau. J'admire particulièrement cette race rustique à la robe acajou et aux cornes en lyre, parfaitement adaptée aux terrains difficiles des Vosges. Denis était littéralement tombé amoureux de ces animaux au regard profond, capables de résister aussi bien aux grands froids qu'aux chaleurs estivales.

L'exploitation fonctionnait selon un rythme naturel et respectueux. Chaque mi-mai, la moitié du troupeau montait en estive pour profiter pendant sept à huit mois de la richesse florale des prairies naturelles. Les bêtes contribuaient ainsi à l'entretien des paysages vosgiens. Fin octobre, elles rejoignaient l'étable villageoise où elles passaient l'hiver nourries exclusivement de foin produit sur place.

PériodeLocalisation du troupeauAlimentation
Mi-mai à fin octobrePâturages montagnards (1040m)Prairies naturelles diverses
Novembre à maiÉtable du villageFoin produit localement

Cette autonomie fourragère totale garantissait une qualité exceptionnelle à la viande bovine. Les veaux tétaient uniquement le lait maternel jusqu'au sevrage naturel à neuf mois, développant des saveurs inimitables. La viande était valorisée soit à l'auberge, soit en circuit court à la ferme après abattage à Cernay.

Denis et Annick collaboraient étroitement avec d'autres producteurs locaux. Les fromages provenaient de Linthal, les légumes d'Oberentzen et Berrwiller, illustrant leur engagement pour une agriculture durable et des circuits courts. Cette démarche cohérente témoignait d'une vision d'avenir pour le territoire alsacien.

Étalage coloré de fruits et légumes avec trois personnes

Une tragédie qui ébranle un patrimoine vivant

L'accident du travail survenu en mai 2024 rappelle brutalement les dangers inhérents au métier d'exploitant agricole en zone montagneuse. Les manipulations quotidiennes d'outils, d'animaux imposants et d'équipements lourds comportent des risques réels que nous avons tendance à oublier depuis nos jardins confortables.

La disparition de Denis bouleverse profondément l'établissement familial qu'il animait avec Annick. Le couple avait repris les rênes de cette ferme-auberge emblématique dans les pas de Claude, le frère de Denis. L'incertitude plane désormais sur l'avenir de cette exploitation dont le statut pourrait avoir évolué depuis ce drame.

Avant l'accident, l'établissement fonctionnait admirablement. Après la réouverture post-confinement en juillet 2020, Denis et Annick avaient retrouvé avec bonheur les amateurs de produits montagnards et de gastronomie traditionnelle. Ils proposaient une cuisine alsacienne authentique dans un cadre pittoresque aux boiseries anciennes et au poêle en faïence ancestral.

Les bâtiments eux-mêmes portent l'histoire : reconstruits entre 1927 et 1928 après leur destruction durant la Première Guerre mondiale, ils n'avaient subi aucune modification depuis. Cette authenticité rare créait une atmosphère unique appréciée des visiteurs qui découvraient le panorama exceptionnel sur la plaine d'Alsace, les Alpes bernoises et la Forêt Noire.

L'établissement accueillait jusqu'à 80 couverts entre ses deux salles et son caveau. L'été, la terrasse offrait des vues imprenables sur les massifs environnants. Aujourd'hui, l'avenir de cet accueil chaleureux reste incertain, laissant les habitués et randonneurs dans l'expectative quant à la pérennité de ce lieu emblématique des Vosges haut-rhinoises.

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Milan

Milan

Milan est un jardinier parfois un peu roots, profondément ancré dans le travail manuel et la culture durable. Sa voix est simple et pratique, tournée vers des solutions naturelles et accessibles pour le potager urbain comme rural.

Sur le blog, il partage des conseils saisonniers, des techniques écologiques et des anecdotes de terrain pour aider les lecteurs à cultiver plus sainement et avec plaisir. Pragmatique et chaleureux, il valorise le bon sens, la patience et la terre.