Je ne vous cache pas que mes framboisiers en hiver m’ont longtemps donné du fil à retordre. Croyez-moi, j’ai passé des printemps à me gratter la tête devant des cannes qui démarraient en fanfare pour s’effondrer pitoyablement en juin. Vous savez, c’est comme cette étagère bancale que j’avais bricolée en me disant qu’elle tiendrait bien : elle a tenu… jusqu’au jour où elle a lâché avec tous mes pots de confiture maison. Bref, j’ai compris qu’un framboisier demandait plus d’attention que je ne l’imaginais durant la saison froide. Même si ces arbustes passent pour rustiques, leurs cannes bisannuelles cachent une vraie vulnérabilité quand le mercure dégringole. Entre les framboisiers remontants et non remontants, les stratégies d’entretien diffèrent radicalement. Je vais vous partager mes découvertes sur sept points essentiels qui transformeront votre hivernage des framboisiers en véritable réussite.
Comprendre les dégâts hivernaux et la fragilité des framboisiers
Alors voilà le truc : ces satanées cannes poussent la première année, donnent leurs fruits la deuxième, puis cassent leur pipe. Le problème, c’est qu’elles ne se lignifient jamais assez pour affronter sereinement le froid mordant de janvier. J’ai remarqué que mes tiges présentaient souvent un débourrement complètement irrégulier au printemps, avec des départs prometteurs qui s’écroulaient lamentablement début juillet.
La raison ? Ces fichues fissures de croissance qui se forment sur les jeunes pousses. Imaginez des microfractures dans le bois tendre qui deviennent des autoroutes pour l’humidité, les champignons et autres bactéries peu sympathiques. L’hiver aggrave tout ça, évidemment. Les vents du Nord permanents dessèchent les cannes fraîchement formées et bousillent les vaisseaux conducteurs de sève.
Heureusement, le système racinaire superficiel mais costaud compense cette fragilité en produisant constamment de nouvelles tiges. C’est rassurant de se dire que la nature a prévu un plan B pour assurer la survie de ces rustiques capricieux.
Distinguer les framboisiers remontants et non remontants
Les framboisiers remontants m’ont bluffé avec leur double production annuelle : une première récolte de fin août à mi-octobre, puis une seconde en juin après une taille bien menée. Ces malins fructifient sur le bois de l’année, ce qui les rend moins dépendants d’un hivernage nickel. Je les reconnais facilement à leurs jeunes pousses aux tiges claires garnies de bourgeons floraux prometteurs.
Côté variétés, Malling Promise et Heritage cartonnent dans mon potager. Elles pardonnent pas mal d’erreurs de débutant, croyez-moi.
Les framboisiers non remontants, par contre, ne donnent qu’une fois par an entre juin et juillet, exclusivement sur les tiges de l’année précédente. Autant vous dire qu’ils détestent les dommages hivernaux puisqu’ils doivent absolument former une canne de deux ans pour produire leurs framboises. Je cultive du Meeker, du Tulameen et du Willamette qui exigent une vigilance accrue durant la mauvaise saison. Cette distinction change complètement mon approche de la taille et des soins.
Tailler correctement les framboisiers remontants en hiver
J’attaque la taille en janvier ou février, en évitant les matins de gel intense qui transforment mes doigts en glaçons. Je conserve les cannes tout l’hiver plutôt que de me précipiter, histoire de laisser les auxiliaires du jardin faire leur boulot et les racines terminer tranquillement leur stockage de réserves.
Premier geste : je supprime au ras du sol toutes les cannes qui ont donné en juin. Leur écorce grise les trahit immédiatement. Fini le bois mort qui pompe inutilement l’énergie du pied.
Ensuite, je raccourcis les cannes qui ont produit entre août et octobre à environ 50 ou 70 centimètres. Leur écorce brun clair les distingue facilement. Je coupe toujours en biseau au-dessus d’un bourgeon bien orienté vers mon système de palissage. Mon sécateur bien affûté et désinfecté à l’alcool évite de transmettre des saloperies d’une tige à l’autre. Pour les soutenir, je palisse ces rameaux sur des fils de fer tendus entre mes poteaux bricolés l’an dernier.
Les quatre mesures essentielles pour protéger les framboisiers non remontants
Première mesure que j’applique religieusement : je rabats mes jeunes cannes de Meeker, Willamette et Tulameen à 20 ou 35 centimètres. Ces variétés vigoureuses filent comme des fusées et développent des fissures partout. En les coupant tôt, j’obtiens des tiges moyennes nettement plus saines.
Deuxième mesure en août : j’éclaircis sévèrement mes cannes. Ces framboisiers produisent jusqu’à 15 nouvelles pousses par mètre alors que 6 à 8 suffisent amplement. Je supprime les vieilles de deux ans qui ont donné leurs fruits, mais surtout les cannes les plus épaisses qui passeront mal l’hiver.
Troisième mesure au printemps avant le débourrement : contrôle sanitaire impitoyable. Je retire toutes les tiges présentant des fissures suspectes, des taches noires au pied ou d’autres symptômes douteux.
Quatrième mesure dès la plantation : je choisis un emplacement exposé aux courants d’air pour que mes cannes sèchent correctement, mais jamais face aux vents glacés du Nord qui les dessèchent comme du bois flotté.
Maintenir une structure aérée par éclaircissage et palissage
J’éclaircis systématiquement mes touffes pour permettre une circulation d’air optimale. Ça prévient les maladies fongiques qui adorent l’humidité confinée et booste ma production de framboises. Je garde maximum 10 à 12 cannes productives par mètre linéaire.
Les tiges chétives ou mal placées dégagent en premier. Parfois, je regroupe mes cannes par poquets de 5 tous les 35 centimètres pour structurer proprement mon rang. En juin, après la récolte des framboisiers non remontants, je réévalue mes jeunes pousses et ne garde que les championnes.
Le palissage sur des fils tendus entre mes poteaux en acacia soutient efficacement les variétés costauds. L’hiver devient le moment idéal pour entretenir cette structure : je resserre les fils, remplace les attaches pourries et vérifie que mes piquets tiennent bon.
Adapter la fertilisation et l’arrosage pour un hivernage réussi
Je ne fertilise plus mes framboisiers après le solstice d’été, point final. Trop d’engrais tard en saison ramollit les cannes qui affrontent mal l’hiver. Je préfère un apport d’engrais complet au printemps avec un peu de compost maison enfoui par griffage léger.
Début mars, je balance de la cendre de ma cheminée : sa richesse en potasse aide la fructification. J’ajoute parfois de la corne broyée ou des farines de poisson, puis du bon fumier décomposé.
Côté arrosage, je cultive mes framboisiers à sec autant que possible. Leurs racines superficielles supportent mieux la sécheresse que l’humidité excessive qui invite le redoutable phytophthora. Ce champignon racinaire adore les sols frais et humides. Le paillage épais et dense crée justement ces conditions catastrophiques. J’ai vu des framboiseraies entières dépérir à cause de ce mauvais réflexe.
Effectuer l’entretien complémentaire et hiverner les framboisiers en pot
L’hiver, j’attaque les drageons envahissants à la Grelinette entre mes rangs. Ces framboisiers drageonnent comme des fous et squatteraient tout mon potager si je les laissais faire. Je profite aussi pour désherber, ramasser les feuilles mortes qui rejoignent mon tas de compost et griffer le sol pour aérer la terre compactée.
Un traitement préventif aux huiles de paraffine ou de colza protège mes plantations contre les insectes prédateurs et maladies cryptogamiques. Mes framboisiers en pot hivernent tranquillement dehors sans protection particulière, avec les mêmes tailles préventives que leurs cousins en pleine terre.
Je pose mes grands bacs à l’ombre, loin du soleil direct qui provoquerait des variations brutales de température. Si l’hiver s’annonce polaire, je renverse carrément le pot sur le sol pour éviter l’absorption d’eau superflue et j’ajoute un voile de protection.
- Jane, jardinerie urbaine et créative à Nantes - février 13, 2026
- Faut-il désherber avant de retourner la terre au jardin ? - février 11, 2026
- Ferme-auberge du Molkenrain à Wattwiller : décès de l’exploitant - février 9, 2026


